Le relais de Télé Diffusion Française du Mont-Bouquet

Présente dans tous nos foyers, elle est devenue un objet usuel. Plusieurs appareils équipent bien souvent nos habitations et nous la regardons régulièrement ou quotidiennement. Du tube cathodique à l’écran plasma, la Télévision fait partie de nos vies.

Mais à moins de recourir à internet, nous savons tous que ce sont les émetteurs qui nous permettent de recevoir ses programmes. Nous n’apprendrons à aucun d’entre vous que notre village est pourvu de l’un d’entre eux, implanté au Mont-Bouquet.

Par contre, connaissez-vous son histoire ? Non ?

Nous avons rencontré Monsieur Bernard CREUSOT pour l’apprendre nous aussi et vous la faire partager.

Mais nous avons d’abord fait quelques recherches sur l’histoire de la télévision en France…

Nous avons donc appris qu’elle est réellement née juste après les progrès de l’électronique qui ont permis à la télévision de transmettre des images de qualité suffisante, vers 1930.

C’est le 26 avril 1935 qu’à l’initiative du Ministre des Postes, Monsieur Georges MANDEL, la première émission officielle de télévision française est diffusée depuis le Ministère des P.T.T. à Paris. Il est 20 h 15 quand, sur le petit écran, apparaît le visage de Béatrice BRETTY, sociétaire de la Comédie Française. A ses côtés, Jean TOSCANE, la voix la plus célèbre de Radio Paris PTT, et René BARTHELEMY.

Le 8 décembre 1935, les français découvrent vraiment la télévision : des récepteurs sont installés dans divers lieux publics.

Interrompues pendant la seconde guerre mondiale, les émissions reprennent au mois d’octobre 1944, après la libération de Paris. Elle sont diffusées depuis les studios de la rue Cognac-Jay

Le 9 février 1949, la RTF, Radiodiffusion Télévision Française, remplace la RDF. Son fonctionnement est identique à celui de la RDF, mais elle possède une chaîne de radio supplémentaire et, surtout, une deuxième chaîne de télévision.

Cette même année, le nombre de téléviseurs en France est estimé à un peu plus de 3 700 unités. C’est peu, mais il faut dire que la diffusion, via principalement la Tour Eiffel, couvre à peine 10 % du territoire.

1952 : 60 000 postes de télévision dans les foyers français, soit 56 300 de plus qu’il y a deux ans !

En 1956, une estimation porte à 500 000 le nombre de postes de télévision en France.

1958 : Le nombre de postes de télévision dans les foyers français s’élève à un million. Désormais, chaque année, un million de téléviseurs sera vendu en France, jusqu’à ce que presque chaque famille possède un poste à la fin des années 60.

1967(1er octobre) : grâce à un standard d’encodage de la couleur inventé par Henri de France, la deuxième chaîne est désormais en couleurs ! Enfin… pour ceux qui ont un poste de télévision compatible, bien sûr !

Au mois d’octobre 1968, apparaissent les premières publicités télévisées. Elles sont diffusées sur la première chaîne. Il faudra attendre janvier 1971 pour voir de la publicité sur la 2ème chaîne.

Par ce développement du marché des télévisions et l’enrichissement de ses programmes, les relais et émetteurs continuent ainsi de s’étendre et de s’implanter sur l’ensemble du territoire. C’est au cours de ces années 1968/1969 que s’érige celui du Mont-Bouquet, choisi pour son emplacement stratégique, culminant à 629 mètres d’altitude, d’où on domine les Cévennes et le bassin alésien au nord-ouest, la vallée du Rhône et le Mont-Ventoux à l’est, les garrigues au sud, mais surtout parce qu’il constitue le point le plus élevé entre la Vallée du Rhône et les Cévennes, à vue de l’émetteur de Montpellier Saint-Baudile et de celui du Mont-Ventoux.

Les émetteurs TDF de la région :

situation-TDF

 

1- A gauche, le relais TDF de Montpellier Saint-Baudile, situé sur la commune de Montpeyroux, à 848 mètres d’altitude, dans le massif de la Séranne. Le pylône s’élève sur une hauteur de 70 mètres.

2- Au centre, le relais TDF du Mont-Bouquet. L’antenne TDF s’élève sur 60 mètres de hauteur.

3- Sur la droite, le site de transmission et diffusion hertzienne de radio, télévision et radiocommunications du Mont-Ventoux. Le signal émis, d’une puissance de 195 kW, est perceptible dans un rayon de 90 kms.

Situé sur la commune de Beaumont du Ventoux à 1912 mètres d’altitude et construit vers 1960, il s’érige sur une hauteur totale de 50 mètres (bâtiment + antenne)

En sa qualité d’émetteur « intermédiaire », le relais TDF du Mont-Bouquet devait recevoir les programmes TV des émetteurs « principaux » qu’étaient celui de Montpellier Saint-Baudile et celui du Mont-Ventoux. Le premier était prioritaire car il permettait de recueillir les émissions régionales du Languedoc Roussillon, tandis que le second ne proposait que celles de la région Provence Alpes Côte d’Azur, émises depuis Marseille. Afin d’assurer la qualité des programmes regardés par les téléspectateurs, l’émetteur offrant la meilleure image devait être privilégié, chacun d’entre eux pouvant être perturbé par des facteurs climatiques, notamment le brouillard, la neige… A son tour, le site du Mont-Bouquet « redistribuait » ses programmes à une quinzaine de réémetteurs moins importants, implantés en territoire cévenol, tels qu’Anduze, Génolhac…

La gestion de ces émetteurs était la mission quotidienne de Bernard CREUSOT. Son parcours au sein du réseau TDF débute à la fin des années 60…

Alors chauffeur-routier aux Etablissements BANCILHON, c’est en déjeunant à l’Auberge du Mont-Bouquet, chez Gaston et Jeannette FABRE, qu’il rencontre les équipes du chantier de Télé Diffusion de France. Natif de Gérardmer dans les Vosges où il est né en 1938, titulaire d’une formation de Dieseliste Electromécanicien, il était donc devenu un professionnel du transport en poids lourds, avant d’éprouver un réel attrait pour contribuer au développement de ce média en pleine expansion qu’était devenue la télévision. Détenant une bonne connaissance du fonctionnement et de la maintenance des groupes électrogènes, il suivra les stages requis afin d’acquérir les compétences nécessaires à l’exploitation d’un relais de radio-télévision.

Il est alors nommé dès que les bâtiments furent opérationnels et prit son poste au 1er juillet 1970. Son engagement l’amenait à consacrer une très large disponibilité à son activité professionnelle. En effet, si ses horaires prévoyaient une présence sur le site de 13 h 00 à 21 h 00, les conditions de son contrat de travail précisaient aussi qu’il devait rester mobilisable dans l’heure qui suivait un appel des services de TDF.

En outre, chaque événement important, notamment à portée nationale, exigeait une veille technique en cas de nécessité d’une intervention humaine pour pallier à toute interruption du programme de télévision qui le diffusait en direct. Ainsi, tandis qu’une bonne partie de la population assistait, par exemple, aux voeux du Président de la République pour le nouvel an ou au défilé du 14 juillet devant son petit écran, tout comme il en était également le cas lors de chaque élection, Bernard CREUSOT accordait sa plus grande vigilance à la retransmission de ce programme depuis le Mont-Bouquet.

Aux débuts de l’exploitation du site, seule la deuxième chaîne de télévision était retransmise. Pour fonctionner, elle utilisait deux émetteurs couplés de 500 watts chacun.

Trois chaînes de radio en modulation de fréquence, Radio France, France Culture, France Musique, avaient également étaient installées. Chacune d’entre elles recourait à des émetteurs simples de 250 watts.

Plus tard, TF1 puis France 3 rejoindront le relais TDF du Mont-Bouquet. Comme pour la deuxième chaîne, deux émetteurs couplés de 500 watts chacun seront toujours nécessaires pour assurer la retransmission de leurs programmes respectifs.

Quelques années plus tard, c’est l’arrivée de Canal +, avec deux émetteurs couplés de 250 watts et une antenne unidirectionnelle orientée vers le bassin alésien, où se concentrait l’essentiel de ses abonnés.

Au fil des années, la progression et le développement de l’automatisation se confirmera. Néanmoins, Bernard CREUSOT restait chargé de l’entretien électrique et mécanique des bâtiments, et notamment de la salle des émissions, ainsi que de procéder à la maintenance des émetteurs et/ou de leurs accessoires lorsque cela s’avérait nécessaire.

Les techniciens de TDF intervenaient seulement pour les travaux autres que ceux relevant de la maintenance courante.

Il assurait également le gardiennage du site, une fonction qu’il a occupé seul pendant 28 ans.

C’est au milieu des années 90 que s’installeront les opérateurs de téléphonie mobile. D’autres pilones seront ensuite érigés sur le site du Mont-Bouquet, notamment pour permettre à des entreprises de maintenir le lien avec leurs véhicules équipés de radios-téléphones.

Lors de notre rencontre, Bernard CREUSOT nous évoquait des évènements marquants, notamment des nuits passées sur le site lorsque certains incidents engendraient de longs travaux, afin de ne pas suspendre la diffusion des programmes en cours de journée. Ou bien encore, de devoir monter à pied au Mont-Bouquet pour assurer son service tandis que la neige avait rendu la route inaccessible en voiture !

Mais l’un de ses souvenirs a particulièrement retenu notre attention, la présence de vigiles lors de la guerre du Golfe, le site de la radio-télévision pouvant devenir la cible d’organisations malveillantes.

Bernard CREUSOT a fait valoir ses droits à la retraite en 1998. Depuis, plus aucune présence humaine n’est assurée de façon permanente au Mont-Bouquet, les installations ayant été intégralement transistorées et télécommandées immédiatement après son départ depuis Marseille, puis depuis Paris.

Nombreux sont sans doute les gens du pays qui doivent regretter de ne plus avoir cet interlocuteur local, que l’on sollicitait volontiers dès qu’une chaîne de télévision défaillait sur un « petit écran brouzetain » !

 

Nos sincères remerciements à Monsieur Bernard CREUSOT pour son témoignage

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2 réponses

  1. Michel Chantal dit :

    Bonjour,
    Depuis environ 2 semaines, je ne reçois plus certaines chaines (2, 3, 5, …) sur toutes les télés de la maison.
    J’ai cherché sur le net si d’autres utilisateurs avaient les mêmes problèmes. Je n’ai rien trouvé.
    Auriez-vous des conseils ou des infos à me donner ?
    Merci d’avance pour votre aide.
    Chantal

    • Olivier Daniel dit :

      bonjour
      essayer de faire une mise à jour de vos chaines et ci le problème persiste c’est que votre antenne a peut être bouger.

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